L’affaire Navarre, une saga rocambolesque

L’affaire Navarre commence avec La création de « L’étoile qui monte« , basée sur une commande très importante. Il s’agit de la fabrication pour la société Forvil de quelques milliers d’enseignes lumineuses, pour les coiffeurs de France clients de la marque.

J’ai réussi à collecter plus de 250 articles de journaux sur la période de 1931 à 1935. Depuis l’ouest républicain en passant par le Figaro et l’humanité, l’affaire fait à l’époque l’effet d’une bombe, et est de toutes les conversations.

Comment financer les investissements pour honorer la commande ?

La fabrication de ces enseignes implique des équipements très onéreux. Ni Roger, ni la famille ne sont en mesure de réunir les fonds nécessaires. Et là est ce un miracle ou une idée a-t-elle pu germer ?

Un premier « coup du sort » va s’abattre sur la famille, le 10 avril un accident entraîne l’amputation d’une phalange de Roger  : l’assurance verse 104 947 F 50 soit 59 819 €.

Le sort s’acharne, « l’usine » brûle le 10 juin 1931 : l’assurance verse 135 607 F 50 soit 73 000 €.

Alors « l’affaire Navarre » est elle un coup du sort ou un coup de pouce ?

Pendant 2 ans « L’affaire » fait la une des principaux quotidiens.

La mascarade, si s’en est une, va mal tourner quand Roger souscrit des contrats d’assurance vie mutuels le 01 juin 1931. La prime en cas de décès par accident est de 1 100 000 F soit 627 000 €.

Roger a 23 ans et Christian 18 ces 2 gamins de la campagne ont ils imaginé un scénario à la « pieds nickelés » ?

L’idée serait simple, Christian disparaîtrait et la prime d’assurance permettrait l’acquisition du matériel. En effet vu la complaisance des compagnies il serait dommage de se priver de cette source de financement.

Une affaire rocambolesque
2 ans de procédure ont permis aux différents journaux de retenir en haleine leurs lecteurs.

Résumé synthétique de l’affaire Navarre

Le 14 juillet 1931 lors d’un accident d’automobile Christian (le frère de Roger) disparaît. Dès le début le doute s’installe.

En raison de son immense charisme Roger rallie la presse et la France à ses cotés. L’émoi est immense et on se prend de sympathie pour ces pauvres jeunes gens frappés par le malheur. Le coup de malchance c’est que les compagnies délèguent un prestigieux enquêteur, M. Riboulet. Il est tenace et professionnel c’est lui qui vient de confondre Landru.

Le 15 aout 1931 Christian réapparait. Théâtralement, avec des touffes de cheveux arrachées il tient des propose incohérents. Les 2 frères vont alors inventer plusieurs histoires comme l’enlèvement par un mystérieux professeur. Il est évoqué un masque de torture, bref on est en plein dans le « fantomas ».

M. Riboulet a réussi à retracer l’emploi du temps réel de Christian.

De 1931 à juin 1933 Durant toute l’instruction, Roger multiplie les interview et les promesses de révélations fantastiques. Roger sera aussi invité du « Club du faubourg » de Léo Poldes à 4 reprises. Lors de ces sessions il avait convaincu l’assistance et avait été déclaré non coupable. Ce qui fera d’ailleurs dire au président du tribunal « Ici vous n’êtes pas au club du faubourg ». Quand à Christian, il a été confronté à de nombreuses sommités psychiatriques et a fait de nombreux séjours en maison de santé.

26 juin 1933. La fin du procès, à l’énoncé des peines, Roger s’est lancé dans une violente diatribe envers le président qui lui vaudra 8 mois de prison ferme. La peine initiale était de 6mois avec sursis.

24 décembre 1934. Roger sort de prison après avoir purgé une peine de 8 mois (sur 15) et annonce la sortie d’un livre relatant sa version de l’affaire.

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